Rapport d'expertise
La sédentarité au travail vue de quatre angles, par quatre partenaires qui la rencontrent chacun à leur endroit : le mental, le corps, la santé, le sport. Chaque pilier donne une vision, les chiffres qui la portent, et l'observation d'un expert qui a relu les résultats et signe. MindDay, MoveBreak et Lucis Life sont partenaires de Wellpass.
Une journée assise fatigue sans laisser de trace. Pas de sueur, pas de courbatures, juste ce sentiment d'être à plat sans pouvoir l'expliquer. La fatigue psychologique est une dette cognitive, et la volonté ne suffit pas à la rembourser : à 18 h, elle est à zéro.

« La fatigue fantôme. »
La fatigue sans effort physique est réelle, profonde et invisible. Ce qui change les comportements, ce ne sont pas les résolutions, ce sont les routines : la séance dans l'agenda comme un rendez-vous client, le sac préparé la veille.
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Nos psychologues l'observent chaque semaine : des salariés qui n'ont pas quitté leur chaise de la journée et rentrent incapables de faire quoi que ce soit. Ils ont du mal à s'en plaindre, parce qu'ils ont intégré que l'épuisement se mérite physiquement. La fatigue physique est une dette musculaire : visible, elle se rembourse avec du repos. La fatigue psychologique est une dette cognitive : le nombre de décisions prises, les interruptions permanentes, le coût émotionnel de chaque interaction. Pas de sueur, pas de courbatures. Juste ce sentiment d'être à plat sans pouvoir l'expliquer. Un épuisement réel, profond, sans trace apparente.
Pourquoi « juste bouger plus » ne marche pas ? Parce que la volonté est une ressource qui s'épuise, et qu'à 18 h elle est à zéro. Ce qui change les comportements, ce sont les routines, parce qu'elles retirent la décision de l'équation. Les gens qui y arrivent n'ont pas plus de volonté. Ils ont arrêté de compter dessus : la séance dans l'agenda comme un rendez-vous client, le sac préparé la veille, la sortie prévue avec un collègue.
Le dos de l'actif de bureau en 2026 n'est pas un dos abîmé. C'est un dos qui a perdu en amplitude. Une douleur qui monte dans la journée, pire le soir qu'au réveil, meilleure le week-end, ne répond pas à un geste mais à une dose. Et la dose, c'est le temps sans se lever.

« Ce n'est pas leur chaise qui les abîme. C'est qu'ils ne s'en lèvent jamais. »
Ce n'est pas la chaise qui abîme, c'est le temps qu'on y passe sans se relever. Trente minutes, bougez : pas de posture parfaite, pas de matériel, une coupure.
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Ce qui a changé en dix ans, ce n'est pas le type de douleur, c'est sa répartition. Aujourd'hui, la phrase qu'on entend le plus au cabinet, c'est « je ne sais pas comment c'est arrivé ». Une douleur qui monte progressivement, pire en fin de journée qu'au réveil, meilleure le week-end, ne répond pas à un geste mais à une dose. Le dos type de l'actif de bureau en 2026, ce n'est pas un dos abîmé. C'est un dos qui a baissé en amplitude. Une amplitude qu'on n'utilise plus, c'est un sentier qu'on ne foule plus : la végétation le referme, et le jour où on veut y repasser en courant, on trébuche.
| Palier | Ce qui se passe | Ce qui l'annule |
|---|---|---|
| 30 min | Rien de grave encore. À durée égale, les longs blocs ininterrompus pèsent plus que le total d'heures assises (étude sur près de 8 000 adultes). | Une coupure toutes les trente minutes. |
| 1 h | La capacité des artères de la cuisse à se dilater passe de 4,7 % à 0,5 %. | Cinq minutes de marche lente par heure. |
| Déjeuner | Le repas ajoute du sucre à un corps qui ne bouge pas. | Deux minutes de marche toutes les vingt minutes : pic de sucre réduit d'environ 24 %. Rester debout, non. Marcher, oui. |
| 10 ans | Des gens qui n'ont plus de marge, et qui disent « j'ai juste ramassé un sac ». | Il vous faut les deux : de l'activité dans la semaine, qui protège vraiment, et des coupures dans la journée. |
On se dit en bonne santé et on normalise les symptômes : la fatigue au réveil, le coup de barre de 14 h, le sommeil haché. Ce n'est pas dans la tête, c'est dans le sang : glycémie, cortisol, fer, vitamine D. Et la journée assise y laisse une trace mesurable.

« Ne réduisez pas le mouvement au poids, aux calories ou au nombre de pas. »
64 % des répondants sont des femmes, et leur corps suit un calendrier hormonal que les politiques bien-être ignorent. À partir de la quarantaine, bouger reste la base, et le renforcement devient prioritaire.
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64 % des répondants de cette étude sont des femmes. Les politiques bien-être des entreprises raisonnent encore en nombre de pas ou en séances, sans tenir compte de ce qui limite réellement le mouvement chez elles : règles douloureuses, migraines, fatigue, troubles du sommeil, puis symptômes de périménopause. Autre angle mort : à partir de la quarantaine, bouger reste la base, et il faut y ajouter du renforcement. Le muscle, la force et l'os. Marcher, faire du Pilates, c'est utile. Ça ne remplace pas le renforcement musculaire ni les contraintes mécaniques dont les os ont besoin.

« Le corps a de la mémoire. »
Les muscles sont des éponges à glucose. Huit heures assises, semaine après semaine, c'est une insuline qui monte et un corps qui absorbe moins. La bonne nouvelle : dès qu'on bouge, ça repart, et ça se voit dès le repas suivant.
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Le mécanisme est simple. Les muscles sont des éponges à glucose : ils absorbent à peu près 80 % de ce que l'insuline déplace après un repas. Quand on arrête de bouger, le glucose reste plus longtemps dans le sang, il faut plus d'insuline pour le faire baisser. Jour après jour, la sensibilité à cette insuline diminue. Huit heures assises par jour, semaine après semaine, c'est ça.
La bonne nouvelle que personne ne raconte : dès qu'on se remet à bouger, le muscle reprend le glucose plus vite. On le voit dès le repas qui suit. La sensibilité à l'insuline remonte sur 24 à 48 heures. Le corps répond à l'immobilité en quelques dizaines de minutes, et au mouvement encore plus vite.
Le moment compte autant que la dose. Le cortisol suit un cycle : haut au réveil, puis il descend. Chez beaucoup de nos utilisateurs, ce cycle est inversé, par le stress et le mauvais sommeil, et le sport est l'un des leviers les plus simples pour le remettre à l'endroit, à condition de le placer le matin ou dans la journée. Une séance intense tard le soir abîme le sommeil et le cortisol du lendemain. Autre profil qu'on voit souvent : ceux qui font beaucoup, très intense, sans récupérer. Ils sont fatigués, ils ne performent pas, et la réponse n'est pas d'en faire plus mais de remplacer une séance sur deux par de la marche, de la natation, du yoga. Et chez les femmes, les carences, fer et vitamine D en tête, expliquent une fatigue qu'on met à tort sur le compte de la volonté.
Dans nos téléconsultations, trois motifs reviennent sans que le patient fasse jamais le lien avec sa journée assise. La fatigue d'abord, ce pic juste après le déjeuner : le muscle qui n'a pas bougé absorbe moins le sucre du repas. Les douleurs ensuite, qu'on attribue à la posture ou à la séance de sport, alors que six heures sans contracter suffisent à figer les muscles autour de la colonne. L'humeur enfin : un moral très plat, lié aux heures passées au même endroit.
Deux séances par semaine, c'est de l'activité physique, et elle protège. La sédentarité est une autre mesure : le temps passé assis, presque sans dépense, entre ces séances. L'inactivité, c'est ne pas assez faire de sport ; la sédentarité, c'est trop rester assis. On peut être sportif et sédentaire, et c'est le cas de la majorité des répondants de cette étude. Ce qui compte entre les séances s'appelle le NEAT : toute la dépense de la journée qui n'est pas le sport. Se lever, marcher jusqu'à la machine à café, prendre les escaliers, un appel debout. Ce n'est pas de l'entraînement. C'est le corps qui reste allumé entre les séances.
Le sport est la pièce que tout le monde connaît. C'est aussi celle qu'on accuse à tort : « j'ai ma séance, donc je ne suis pas sédentaire ». Les deux études disent le contraire, et disent aussi que le sport rend deux fois plus dès que l'entreprise le laisse faire.
Ce que le sport protège, et ce qu'il laisse à l'entreprise.
Lecture : part de répondants d'accord avec chaque affirmation, les mêmes questions posées aux deux groupes. Deux échantillons différents, des associations, pas des causes. La fatigue et la tension physique de la journée restent au même niveau chez les membres : c'est la part qui dépend de la journée elle-même, donc de l'entreprise.
Le sport protège. L'entreprise décide combien.
Posez les mêmes questions à des salariés français et à des membres Wellpass, et deux journées apparaissent. Sur le mental, le sommeil, le lien avec les collègues, l'inquiétude pour sa santé à long terme, les membres s'en sortent nettement mieux. Sur la fatigue et le stress qui pèsent sur la performance, et sur la tension physique de la journée, les deux groupes sont au même niveau. Le sport protège ce qu'il peut atteindre. Il n'atteint pas l'agenda.
C'est exactement ce que disent les 3 316 journées de ce quiz : trois séances par semaine retirent 5 points de fatigue dans une entreprise où rien n'est prévu, 11 dans une entreprise qui bouge. Le sport n'est pas en concurrence avec la journée de travail. Il en dépend. Une offre sport cofinancée, c'est la première pièce ; une journée qui la laisse rendre, c'est ce qui la fait tenir. Les deux ensemble, c'est l'entreprise en mouvement, le modèle 04 de la gamme.
Notre conviction, c'est que la sédentarité au travail n'est pas un manque de discipline mais un défaut de design, et que ce qui est conçu peut être reconçu. Les quatre gestes de la notice en sont la traduction : trois gratuits, un cofinancé. Nous faisons le quatrième. Vous décidez des trois autres.
Les membres font mieux que les non-utilisateurs sur quatre dimensions du bien-être sur cinq (énergie, calme, humeur, repos au réveil ; écarts statistiquement significatifs). 78 % jugent l'impact de Wellpass sur leur satisfaction employeur positif. Ces chiffres décrivent des associations, pas des causes.

Lire le témoignage de Jennifer Sitruk, directrice France et Belgique
Ceux qui bossent avec moi le savent : je me lève en réunion, je marche en parlant, je fais les cent pas dans le bureau pendant un call. Pas pour me faire remarquer. Parce que rester assise pendant huit réunions d'affilée, je ne supporte pas, et mon dos non plus. Un agenda plein, beaucoup de sollicitations, et au final beaucoup trop d'heures assise. Si moi j'en suis là, à la tête d'une équipe qui parle activité physique toute la journée, qu'est-ce que ça doit être pour tous ceux qui n'ont pas la liberté de prendre un appel en marchant dans la rue ?
La sédentarité n'est pas un problème de motivation. Ce n'est pas qu'on ne veut pas bouger. C'est que personne n'a pensé la journée de travail pour un corps qui bouge. Quand on a lancé ce test, j'avais l'impression d'être une espèce en voie d'apparition, celle qui bouge pendant ses réunions. J'avais posé la question : la dernière réunion que vous avez prise debout ou en mouvement, c'était quand ? 3 316 réponses plus tard, voilà la réponse : 64 % d'entre vous voient au moins une réunion, sur les cinq dernières, qui aurait pu se tenir debout ou en marchant. 82 % des dirigeants. L'espèce existe. Elle attend juste qu'on lui laisse la salle.
Je n'ai pas toujours été comme ça. Quand j'ai rejoint Wellpass, je n'étais pas du tout sportive : deux fois par mois, de temps en temps, parce que j'avais accouché il n'y a pas longtemps et que je me disais qu'il fallait que je m'y mette. Et puis j'ai vu la pause déjeuner de deux heures où les gens partent faire du sport, l'un au yoga, l'autre à l'escalade, l'autre courir. Au début j'étais un peu : je vais déjeuner, il n'y a personne. Puis on se dit : je vais essayer moi aussi. C'est la répétition qui fait que ça devient une culture. Personne ne m'a demandé d'être motivée. On m'a donné la permission.
Chez Wellpass, la meilleure réunion de la semaine se passe en courant. Un petit rituel avec un membre de l'équipe : une pause déjeuner sportive, un run, et un vrai moment d'échange. On parle de nos projets, des sujets d'équipe, des idées en cours, ou juste de la vie. Allure de 7 (sept minutes au kilomètre), pour pouvoir parler en même temps. On revient plus lucides, plus alignés, plus efficaces. Ce n'est pas du sport en plus de la journée. C'est la journée, organisée pour un corps qui bouge.
La chaise est conforme. C'est la journée qui ne l'est pas.
Aucun des quatre piliers ne recommande de changer de mobilier. Toutes recommandent de changer d'agenda. Ce qui marche est court, gratuit ou cofinancé, et répété. Ce qui le déclenche, c'est l'entreprise.
Le test reste ouvert : envoyez-le à vos équipes, chacun reçoit son verdict en 3 minutes. Et si vous voulez le lire ensemble, vingt minutes suffisent.



