La réunion déborde. Le déjeuner se prend devant l'écran. La pause attendra.
Il est 16 h, vous n'avez pas quitté votre chaise depuis 9 h 30, et vous avez pourtant l'impression d'avoir couru toute la journée.
Votre entreprise est-elle devenue une chaise ?
Au travail, qu'est-ce qui décide vraiment combien vous bougez ? Votre volonté, ou votre agenda ? On a posé la question à 3 316 actifs. Leur réponse tient en une phrase : ce n'est pas vous qui êtes assis, c'est votre journée qui l'est. Cette notice la démonte pièce par pièce.
| Outillage | Personnel requis |
|---|---|
| Aucun | Toute l'équipe, direction comprise |
C'est ouvert.
Le démontage complet commence juste en dessous, à l'étape 1. Les trois autres documents sont débloqués dans la navigation, et ce qui concerne votre fonction s'ouvrira en premier.
La réunion de 14 h était prévue pour une heure. Il est 15 h 40. Quelqu'un dit « on termine sur ce point » pour la troisième fois. Vous avez changé de position quatre fois sur la même chaise. Personne ne s'est levé. Ce n'était pas une longue journée. C'était une longue réunion.
Soulevez l'assise
des répondants passent 6 heures ou plus assis par jour de travail. C'est le chiffre que tout le monde cite. Il ne dit presque rien : le total n'est pas ce que le corps compte.
Le corps ne compte pas en heures. Il compte en blocs.
On a rangé les 3 316 répondants selon leur plus long moment assis sans se lever. Puis on a regardé combien finissent la journée fatigués ou tendus.
Chaque point, c'est un groupe de répondants. À gauche, ceux qui ne restent jamais assis plus de 45 minutes d'affilée : 47 % finissent la journée fatigués ou tendus. Dès que le bloc dépasse 45 minutes, on passe à 75 %. Au-delà d'1 h 30, 85 %, et ça ne monte presque plus : le dommage est fait. Un tiers des répondants dépassent 2 heures d'affilée. Deux sur trois dépassent 1 h 30. Autrement dit : la réunion de 14 h.
Deux profils opposés, même mesure : combien finissent la journée fatigués ou tendus.
Quatre heures mal découpées coûtent autant que huit heures fractionnées. Et moins de 4 h sans bloc long : 43 %. Il ne faut pas compter que les heures. Il faut compter les fois où l'on se lève.
S'asseoir n'est pas dangereux. Ne pas se relever l'est. Et le seuil, d'après 3 316 journées, se situe autour de 45 minutes. C'est moins qu'une réunion d'une heure. Ce n'est pas un hasard : la plupart des blocs longs ne sont pas des choix, ce sont des invitations dans un agenda.
La durée par défaut d'une réunion dans l'outil d'agenda. 45 minutes au lieu de 60, c'est un réglage, pas un programme. Et une règle simple pour celles qui débordent : au-delà de 45 minutes, on se lève, même une minute, même mal.
19 h 10. Vous poussez la porte de la salle. Le sac était dans la voiture depuis ce matin, vous avez failli renoncer deux fois. Une heure plus tard, vous ressortez avec l'impression d'avoir rattrapé la journée. La journée, elle, a duré neuf heures. Vous l'avez passée assis.
Dévissez les roulettes
des répondants font du sport au moins une fois par semaine. 43 % trois fois ou plus. Et ça se voit : les sportifs à trois séances terminent moins souvent leur journée en fatigue (74 % contre 83 % pour une à deux séances) et annulent moins leur mouvement prévu (45 % contre 57 %). Mais 69 % d'entre eux passent quand même 6 heures ou plus assis chaque jour. Le sport ne raccourcit pas vos réunions.
Le sport protège. L'entreprise décide combien.
Quatre profils. Une seule mesure : la part de journées qui finissent avec de la fatigue ou des tensions.
Là où l'entreprise encourage à bouger, trois séances par semaine font passer la fatigue de 64 % à 53 %, onze points. Là où rien n'est prévu, de 87 % à 82 %, cinq points. Mêmes séances, rendement doublé quand la journée les laisse faire.
Pour un sportif, passer d'une entreprise où rien n'est prévu à une entreprise qui bouge, c'est de 82 % à 53 %, vingt-neuf points. Pour un non-sportif, de 87 % à 64 %, vingt-trois points. Des points sur lesquels le salarié n'a pas la main. C'est l'entreprise qui décide combien le sport rend. Et la diagonale ? Elle ne dit pas que l'un remplace l'autre : la meilleure case est celle où les deux sont réunis.
Bases 256, 593, 115 et 249 répondants. Les mêmes profils ont aussi plus ou moins de blocs assis longs (39 %, 68 %, 34 %, 72 %) : le détail est dans la fiche technique, question 4.
Un sportif à trois séances par semaine termine sa journée en fatigue ou tensions dans 71 % des cas quand ses blocs assis restent sous 2 heures. Dans 82 % des cas quand un bloc dépasse 2 heures. Mêmes séances, onze points d'écart. Ce n'est pas le sport qui a changé, c'est l'agenda.
La sédentarité n'est pas le contraire du sport. C'est le temps passé assis entre deux séances, et le corps ne fait pas la moyenne. La séance de 19 h est réelle, elle protège, nos experts le répètent dans le rapport : c'est la prévention la mieux démontrée qui existe. Ce que cette étude ajoute, c'est qu'elle ne travaille pas seule. Elle rend deux fois plus quand l'entreprise lui laisse la place dans la journée. Une offre sport et un agenda qui la respecte, ce n'est pas un choix entre les deux. C'est le même geste.
Si l'offre sport qu'elle finance a le droit de rendre. Un accès cofinancé dans une journée qui ne laisse ni transition ni permission rend 5 points. Le même accès dans une journée qui bouge en rend 11. L'offre est la même. Le rendement, non.
11 h 05. Vous pourriez vous lever. Rien ne l'interdit, c'est écrit nulle part, et votre manager ne dirait rien. Vous regardez l'open space. Personne n'est debout. Vous ouvrez un autre onglet.
Déposez le dossier
Agrandi, le dossier ressemble beaucoup à un immeuble de bureaux. C'est lui qui décide de la posture de tout le monde, sans jamais se montrer.
disent pouvoir couper l'immobilité deux ou trois minutes au moins une fois par heure. Sur le papier, la pause est permise presque partout.
1. L'écart de permission
Trois chiffres, dans l'ordre. Ce qu'on a le droit de faire, ce qu'on fait, et ce qui change entre les deux.
La permission existe. Le geste, non. Et « souvent » ne suffit pas : ceux qui peuvent se lever « souvent » ont 68 % de blocs longs, ceux qui le peuvent « presque toujours », 45 %. Une permission tacite ne vaut rien. Le test ne pose pas la question du manager ; il mesure l'écart entre une entreprise qui encourage et une qui ne prévoit rien. Notre lecture : seule la permission visible, celle du manager qui se lève le premier, change le geste. C'est la scène de 11 h 05 : personne n'est debout, donc personne ne se lève.
2. La triple peine
Une barre = les 3 316 répondants. À gauche, ceux qui cumulent les trois contraintes d'organisation. À droite, ceux qui n'en ont aucune.
91 % des répondants en triple peine terminent leur journée en fatigue ou tensions, 36 % avec les deux. 58 % chez ceux qui n'ont aucune des trois contraintes, 18 % avec les deux. Trente-trois points d'écart. Aucun des trois critères n'est un choix du salarié : la longueur des blocs, les transitions et les dispositifs sont décidés par l'organisation. C'est la définition chiffrée de ce que cette étude appelle la sédentarité imposée. Elle concerne un répondant sur quatre.
3. Chaque contrainte ajoute sa facture
Trois contraintes que l'organisation décide à votre place : un bloc assis d'1 h 30 ou plus, moins de 5 minutes entre deux blocs, aucun dispositif vivant. On a compté combien chacun en cumule, de zéro à trois. Puis combien finissent la journée fatigués ou tendus.
Une marche = une contrainte de plus dans la journée. Quinze points de fatigue par marche, à peu près. Les annulations de mouvement prévu suivent la même pente : 35 %, 48 %, 52 %, 62 %. Et la pratique sportive baisse à mesure que les contraintes s'empilent (47 % de sportifs à trois séances sans contrainte, 38 % avec les trois) : la journée ne se contente pas de fatiguer, elle grignote aussi la séance.
4. La permission suit la culture
Une seule mesure : la part de répondants qui peuvent se lever « presque toujours », au moins une fois par heure.
La permission n'est pas une règle écrite, c'est une ambiance. Elle double là où l'entreprise la rend visible. Et seul « presque toujours » protège : 20 % de blocs courts chez ceux qui peuvent se lever presque toujours, 4 % chez ceux qui le peuvent « souvent ». Une permission à moitié est une permission refusée. L'étude YouGov × Wellpass le dit autrement : 64 % des salariés lient leur santé au comportement de leur manager.
5. Ce que chacun voit, ce que chacun a
| Dirigeant·es | RH / DRH | Salarié·es | |
|---|---|---|---|
| Voient au moins une réunion qui aurait pu bouger (personnes en réunion) | 82 % | 73 % | 63 % |
| Plus de 10 minutes entre deux blocs | 29 % | 12 % | 22 % |
| « Tout s'enchaîne » | 8 % | 13 % | 11 % |
| Triple peine | 14 % | 30 % | 24 % |
| Zéro contrainte | 24 % | 7 % | 14 % |
Le dirigeant voit la réunion mobile. Le salarié la subit. Et la fonction qui porte la politique bien-être, les RH, est celle qui cumule le plus de contraintes : 30 % en triple peine, 7 % sans aucune. Qui tient l'agenda de ceux qui tiennent l'agenda ?
6. Plus l'agenda serre, plus il soulève vos séances
Part de ceux qui ont annulé du mouvement prévu plusieurs fois ou régulièrement en trois mois, selon le temps réel entre deux blocs.
43 % des répondants ont moins de cinq minutes, ou rien, entre deux blocs. « Tout s'enchaîne », c'est leur expression, pas la nôtre. Quand tout s'enchaîne, 53 % ont un bloc de plus de 2 heures ; avec plus de dix minutes entre deux blocs, 29 %. Et même la permission n'y résiste pas : chez ceux qui peuvent se lever « souvent », les blocs longs passent de 63 % (transitions larges) à 79 % (tout s'enchaîne). Seul « presque toujours » tient, autour de 42 %, quoi qu'il arrive.
La sédentarité au travail n'est pas une somme de choix individuels. C'est le produit d'un agenda : des blocs trop longs, des transitions trop courtes, et une permission que personne n'a écrite parce que personne n'a pensé qu'il fallait l'écrire. Aucune règle interne n'interdit de se lever. Mais une journée qui ne laisse ni le temps ni l'exemple ne laisse pas non plus le geste. Ce que l'entreprise impose, elle peut le défaire. C'est même la seule qui le peut.
Deux choses, et aucune ne coûte un euro. Cinq minutes de transition inscrites par défaut entre deux blocs dans l'outil d'agenda. Et un manager qui se lève le premier, à voix haute, en réunion : la permission existe déjà, il manque quelqu'un pour la rendre visible. Chez Wellpass, ça ressemble à ça : « Je me lève en réunion, je marche en parlant, je fais les cent pas dans le bureau pendant un call. Pas pour me faire remarquer. » Jennifer Sitruk, directrice France et Belgique.
Le challenge a été lancé un lundi de janvier, avec une affiche dans l'ascenseur et un message sur le canal général. Trente-deux inscrits la première semaine. L'affiche est toujours dans l'ascenseur. On est en octobre.
Retirez les accoudoirs
des répondants décrivent une entreprise où rien n'est prévu pour bouger (42 %), ou des initiatives qui existent mais vivent peu (18 %). Seuls 16 % disent que bouger est encouragé et facile.
1. Une initiative qui ne vit pas ne fait pas mieux que rien
On a rangé les répondants selon ce qu'ils disent de leur entreprise, du plus facilitant au moins facilitant. Une seule mesure : combien finissent la journée fatigués ou tendus.
Ce sont les mots des répondants. Votre réponse surligne votre marche ici, et le modèle qui lui correspond dans la gamme.
Plus on va vers la droite, moins l'entreprise facilite le mouvement, et plus la journée finit mal. Sauf une marche : la troisième est plus haute que la quatrième. Les salariés qui ont des initiatives « qui vivent peu » sont les plus fatigués de tous, 89 %, devant ceux qui n'ont rien. L'affiche dans l'ascenseur ne fait pas rien. Elle rappelle chaque matin que rien ne s'est passé. Les blocs assis longs suivent la même pente : 38 % quand bouger est encouragé, 72 % quand rien n'est prévu.
2. Le télétravail n'est pas coupable. Mais chez vous, personne ne vous interrompt.
| Sur site | Hybride | À distance | |
|---|---|---|---|
| Assis 6 h ou plus | 81 % | 82 % | 83 % |
| Plus long bloc : plus de 2 h | 36 % | 36 % | 46 % |
À journée comparable, le lieu ne change rien au volume. Il change la longueur des blocs : à distance, dix points de plus de blocs de plus de deux heures. Le débat n'est pas le retour au bureau. C'est l'agenda, où qu'il se déroule. À distance, la matinée ne compte pas : 25 % des télétravailleurs atteignent leurs 1 000 pas après 14 h (13 % sur site), 30 % ne savent pas (22 %). Le trajet était un déclencheur. Personne ne l'a remplacé.
3. Ceux qui ne comptent pas ne bougent pas
22 % ne savent pas à quelle heure ils atteignent leurs 1 000 premiers pas. Parmi eux, 33 % font du sport trois fois par semaine et 69 % ont des blocs longs.
29 % y sont avant 9 h. Parmi eux, 53 % font du sport trois fois par semaine et 57 % ont des blocs longs.
Mesurer, c'est déjà bouger. Si vous avez fait le test, vous venez de commencer.
Il y a deux conversations à avoir, pas une. La première : mettre en place une offre. La seconde, celle qu'on oublie : la rendre vivante. Une salle partenaire dont personne ne parle, un bureau assis-debout dont on ne se lève jamais, un challenge sans suite. Chaque accoudoir a été posé pour de bonnes raisons. Mis bout à bout, ils dessinent une journée où plus rien n'oblige à bouger, et où plus rien ne le déclenche.
Si son dispositif a un animateur, un rendez-vous et une date de rappel, ou seulement une affiche. Une offre vivante, c'est quelqu'un qui en parle chaque mois, un créneau collectif dans l'agenda, et un déclencheur dans la journée. Sans ça, l'offre existe. Elle ne vit pas.
Au COMEX, quelqu'un propose de faire le point hebdo en marchant. Tout le monde trouve l'idée bonne. Au même moment, deux étages plus bas, quelqu'un demande si l'entreprise pourrait participer à son abonnement. Les deux ont raison. Ils ne sont pas dans la même réunion.
Démontez le piètement
Le piètement, c'est la partie qu'on ne regarde jamais. Il porte tout le reste. On a demandé à 3 316 personnes ce qui, dans leur entreprise, ferait le plus de différence. Deux réponses chacune.
1. On demande ce qu'on n'a pas. Et le COMEX ne demande pas la même chose que l'open space.
| Levier | Dirigeant·es | Salarié·es |
|---|---|---|
| Réunions debout ou en marchant | 49 % | 32 % |
| Offre sport cofinancée | 16 % | 32 % |
| Davantage de temps entre les réunions | 25 % | 15 % |
| Culture managériale qui autorise les pauses | 12 % | 22 % |
Le dirigeant veut changer la forme des réunions, il a la main dessus. Le salarié veut une offre autant que des réunions debout, et une permission. Rien de tout ça ne dépend de lui. Les deux ont raison. Ils ne se parlent pas. Et le dirigeant a le temps : 29 % ont plus de dix minutes entre deux blocs (22 % en moyenne), 8 % seulement enchaînent tout. Pourtant 60 % annulent leur mouvement prévu plusieurs fois ou régulièrement, contre 50 % des salariés. Ce n'est pas le temps qui manque en haut. C'est la priorité. Et ce que le dirigeant s'impose, il l'impose à l'agenda de tous.
2. Un levier par population
27 % demandent une culture qui autorise les pauses
11 % la demandent, et 33 % ne demandent rien
43 % demandent une offre sport cofinancée, 15 % des réunions debout
Il n'y a pas un levier. Il y a un levier par population, et il dépend de ce qu'elle a déjà. Les office managers, eux, demandent des défis collectifs à 34 % : ce sont eux qui font vivre les dispositifs, ils savent ce qui manque.
3. Le verdict collectif
- 17 % Le mouvement garde l'avantage
- 68 % Le match est serré
- 15 % La chaise mène largement
Score moyen : 11,2 sur 24. Pour deux répondants sur trois, le match se joue à peu de chose. C'est la bonne nouvelle de cette étude : la chaise ne mène pas largement. Le match se joue aux points, sur des détails d'organisation. Et un match serré, ça se renverse. Rendez-vous en 2027 pour la deuxième édition.
À la question du départ, qu'est-ce qui décide vraiment combien vous bougez au travail, les répondants répondent en trois mots : du temps, de la permission, une offre. Pas les trois pour tout le monde. Mais pour chacun, celui qui lui manque. Et celui qui manque est presque toujours entre les mains de quelqu'un d'autre : celui qui tient l'agenda.
De mettre les deux réunions dans la même pièce. Le COMEX décide de la forme des réunions et des transitions. Il décide aussi de cofinancer, ou pas, l'offre que l'open space demande deux fois plus que lui. Les deux leviers ne se remplacent pas. Ils se complètent, et le premier conditionne le rendement du second.
Le démontage complet, et votre fiche.
- Les cinq étapes, avec les croisements qu'une version courte ne montre pas : qui annule sa séance, qui a du temps entre deux réunions, qui ne l'a pas, et pourquoi.
- Trois fiches modèles : Femmes, RH, Dirigeants, avec les chiffres à journée égale. Et le diagnostic par fonction, pour toutes les autres.
- La gamme des quatre modèles d'entreprise, et la marche où se trouve la vôtre.
- Les quatre gestes qui remontent une journée, par ordre de coût. Les trois premiers sont gratuits.
- La fiche technique, question par question, et le rapport d'expertise, quatre angles sur la sédentarité : le mental, le corps, la santé, le sport.